Petit livre photographique de mon séjour chez les nomades tibétains du plateau du Changtang.
33°21’34″N 78°01’20″E Nomades –> le livre
India (Lomo Photographies)
Categories: Non classé
Tags: Delhi, inde, lomo, one the road
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Himalayan landscape
Delhi bus station
All will be closed…
La fin d’un séjour… la fin d’une saison.
Tout est au ralenti désormais, il ne reste que peu de commerces ouvrent, les touristes sont partis, la vie hors-saison reprend ses droits. Il y a comme de la nostalgie, l’ambiance est moins stressante et beaucoup de disponibilités dans les relations.
Le temps est superbe, ce qui rend plus dur ce départ.
J’arpente les venelles, je ne croise personne. C’est chouette, je me dirige aux sons des vaches, des chiens et des oiseaux !
Les pommes tombent, les cultures sont moissonnées, les couleurs changent…
L’automne ne tiendra pas tête à l’hiver, il est présent.
Quelque chose me dit que je ne serai pas le seul à partir, beaucoup n’hiverneront pas ici, la direction sera le sud, une migration économique ? Une migration de confort ?
J’appréhende, comme eux, ce retour dans quelques mois.
Je ne suis pas triste, au contraire, j’ai hâte !
Arboretum ladakhi
Réflexion sans prétention lors d’une errance dans les ruelles de Leh.
Nomades au Changthang
L’aurore n’est pas encore là que le réveil sonne. Je pars de la Guest House et m’enfonce dans les ruelles encore endormies de Leh. Les chiens se réveillent, se coursent, jouent et mangent ce qu’il traine encore dans le caniveau. Quelques matinaux s’affairent dans rues calment. Un couple d’Occidentaux photographient ces scènes de vie, j’arrive au point de rendez-vous. Personne… je m’assois sur les marches de la banque, j’attends ; et là un coup de sifflet improbable me fait sursauter ! Le gardien de la banque me baragouine un truc en hindi, bref le monsieur n’est pas content, je change de marches. Deux minutes plus tard, un Occidental se fait lui aussi rembarrer pour avoir poussé la porte trop fort !
Tsewang arrive avec Kunchok son ami taxi, je balance mon sac sur le toit et m’assois derrière avec mon sac photo. On part à toute allure ! Tsewang me demande si j’attends depuis longtemps, j’lui dis que non… j’me dis que ça doit être le pourquoi de ce démarrage. On passe Choglamsar, freinage brusque, Camp n°2, on s’arrête dans la cour d’une maison délabrée : Tea time ! Ah ben voilà, je suis rassuré. C’est un gros squat, des jeunes dorment encore dehors sous un amas de couvertures, à l’intérieur ça court de partout, ça balance des « Julley », je m’assois dans la pièce commune, chapatis et milk tea au menu. Je ne comprends pas tout à ce qui se passe, Tsewang écrit une lettre en tibétain à un jeune, donne des médicaments à un autre, ça parle tibétain, ça brasse, j’suis pommé ! La communauté tibétaine est, elle aussi, dans une précarité qui est omniprésente en Inde. Le monde tout rose des TCV est loin, surtout que la plupart de ces jeunes sortent de ces camps, mais le monde actif est rude et sans pitié.
Tsewang s’en va ; Kunchok, le chauffeur, s’empiffre salement… Puis dans sa bouche encore pleine s’échappe un « Go », je suis ! La voiture est pleine, plus de place dans le coffre et la galerie, une jeune tibétaine est à l’avant, redémarrage pressé, dérapage sur le chemin défoncé, on s’arrête. Tsewang est là avec sa femme, son fils et de provisions. Ça bourre le coffre comme ça peut, s’est parti ! Kunchok ne s’arrêtera pas de chanter du voyage et de se marrer avec les autres. Seul Tsewang parle anglais. La route est belle, large, certaines parties sont même de vraies autoroutes…
Je n’ai jamais vu ça ! Après 6 h de route, Tsewang me montre du doigt des taches blanches au fond d’une vallée : « This is my nomad’s camp ». Tout le monde descend, une femme sort de la tente, très belle, les traits fins, les joues rougies par le soleil, sa sœur Phunshok. Suivie d’une gamine nommée Nyima, sa fille qui fonce vers Tenzin le fils de Tsewang. La mise en garde habituelle sur les chiens… Oui je sais ils mordent ! On m’invite dans la tente, je rentre, c’est sommaire, pas de place au superflu, le poêle au centre, au fond l’autel à l’effigie du Dalaï Lama, Karma Pa et du Rinepoche local, les sept bols à eau, la lampe à beurre tout est là !
Butter Tea, heu… ben… Why not ! J’en boirai, je pense, durant ce séjour au moins 4 litres. Phunshok me prépare une soupe de nouilles instantanée, je suis le seul à manger, tous les regards braqués sur moi pendant que Tsewang explique qui je suis (enfin ça en a tout l’air aux vues des sourires).
On organise un peu notre road trip : premièrement, on va faire un tour dans les tentes voisines ; secondement, on va dans une vallée pour trouver ce fameux Yogi ; troisièmement, on va passer la nuit dans le village en dur du TsoKar ; enfin, retour chez la sœur de Tsewang.
Les tentes sont toutes pareilles, de la même taille, de la même couleur et matière. À l’intérieure la même disposition, poêle au centre, l’autel au fond, à gauche les deux plaques à gaz traditionnel en Inde, au fond à gauche le garde-manger (beurre, curd, riz, nouilles, sel, thé, etc.), à droite l’espace carpette où l’on s’assoit et dort.
On m’offert du butter tea à tout va, du riz et du dal, je mange, sans broncher, c’est bon !!!
Les gens sont beaux, gentils, hospitaliers, curieux, souriants, malicieux, attentionnés, bref trop de qualificatifs pour tous les énumérer. Je les prends en photo, mais quelque chose me frustre, je ne parle pas leur langue, je sens que je suis pressé et le one-shoot ne m’intéresse pas…
On part voir le Yogi, une vallée à une heure de voiture. Ça se transformera en deux heures et demie de discussions à travers les pistes du Tchang Tang avec Tsewang sous fond sonore de notre ami Kunchok (toujours à fond) !
Deux tentes se dessinent au loin, il est là me dit Tsewang ; comment le sais-tu ? Je ne sais pas, ça se sent… quelque chose de mystique, Kunchok se tait, roule doucement, tout à l’air de s’arrêter, de se transformer en un calme absolu. Deux gamins accourent, ils ne semblent pas être touchés par cette ambiance ; ou peut-être en ont-ils l’habitude ? Cinq chiens nous aboient dessus calmement… « Youé », Tsewang appelle, une vieille dans passe la tête par l’ouverture de la tente ; on entre, elle sort…
Un vieil homme aux traits burinés et assis au fond, le contre-jour de la fin de journée fait contraster sa peau matte avec l’écru de la toile en yak. Tsewang ressort, je me retrouve seul avec cet homme. Ces yeux sont presque fermés, mais il me fixe. Tsewang, re-rentre, me sourit, « in ten minutes ». Je fais quelques clichés péniblement.
Il commence son rite bouddhique. Sa voix transporte, j’observe ses gestes, je suis incapable de prendre une photo. Alors, je le filme.
Je remonte dans la voiture, nous sommes tous silencieux, ça tombe bien, car je n’ai pas envie de parler, une sensation étrange est en moi…
On arrive au Tsokar, les hommes nomades sont quasi tous là, ils préparent les enclos des bêtes pour l’hiver. Ça parlemente beaucoup ; la saison, l’hiver, l’avenir…
On m’offre le thé, la pièce est sombre, noire de suie et de crasse, une fumée épaisse sort du poêle qui tourne à la bouse et au pétrole. Je plante ma tente dans une pénombre déjà étoilée. Je mange un peu de dal et de chapatis offerts par les nomades. Je me couche rapidement dans un brouhaha qui durera longtemps. Le Tata garé à côté de ma tente, qui démarre son monteur toutes les 2 heures, certainement pour que ces occupants n’aient pas trop froid. La nuit fut fraiche, très fraiche ! 6 h le soleil se lève, moi aussi. Ça s’affaire déjà autour de l’enclos. Je les regarde, profitant du soleil pour me réveiller !
Je pars avec Tsewang à la recherche des grues qui migrent de la Sibérie au sud de l’Inde. La zone humide qui entoure le lac est un abri idéal pour les volatiles en tout genre : grues, oies, canards, petits échassiers, etc.
Nous revenons bredouille au village, je rencontre le « head nomad », il gère les conflits, les achats, la répartition des enclos.
Sur le retour, je vois enfin, au loin, ces grues. Je sors de la voiture, tente une approche, mais elles préfèrent rester mystérieuses et s’envolent.
Le retour chez Phunshok sera sous le thème, ma foi bien français, de la bouffe ! Elle a tué le matin même une chèvre, elle me fait goutter les abats (cœur, reins, foie, trachée, œsophage). Mon estomac va-t-il tenir ? Tout est cru… il faut savoir vivre dangereusement !
L’après-midi, séance ramassage des bouses et crottes pour l’hiver. Il en faudra une centaine de sacs de 60L… bon courage ! Nous en faisons douze jusqu’au coucher du soleil. Le jeune frère du mari de Phunshok redescend des cimes avec les chèvres, la traite commence par une course effrénée pour attraper celles qui donneront leur lait, comme si après une journée de randonnée à plus de 5000 m d’altitude ne leur avait rien fait… la soirée se passe bien, une belle discussion avec Tsewang sur « la vie ». Le rhum m’aide dans mon anglais approximatif. Après une Thukpa au riz, belle variante, je file me coucher dans ma tente. La nuit sera encore plus fraiche que la veille.
Au réveil, nous enfilons, Tsewang et moi quelques chapatis avec notre butter tea puis commençons l’ascension vers la route. Les 600 m de dénivelé sont rudes en plein soleil et avec une altitude déjà élevée. Nous attendons 2 heures durant au bord de la route, un soleil de plomb. Seuls quelques bergers passent et nous saluent de leurs « Juley », suivant leur troupeau.
Un Tata passe, Tsewang l’arrête, on saute dedans (encore heureux, car personne ne nous doublera durant le retour). Deux kilomètres plus loin, premier arrêt ! What’s happen ? Problème de radiateur. Je sors, je comprends mieux, il en manque la moitié et les fuites sont des torrents ! Nous nous arrêterons souvent pour refaire le plein d’eau. Nous mettrons pas loin de 8 h pour faire les 160 km, à raison de 15 km/h en montée et guère plus en descente ! Ça permet de rêvasser en regardant le paysage.
Butter tea
Sur la route vers le Pangong, une petite halte chez les nomades, une rencontre autour du thé traditionnel…
Pangong Tso
Une belle claque que de se dire que ce lac fait 135km de long entre l’Inde et le Tibet!
Quelques clichés…
Kora of Namgyal Temple
La kora est, dans la tradition tibétaine, un pèlerinage et un sorte de méditation. La kora est réalisée en déambulant autour d’un lieu sacré (Temple, Stupa, etc.). On y trouve, tout au long de ce chemin, des moulins à prières, une foultitude de drapeaux de prières ; on y recite des Mantras tout en égrainant son Mala. Certains le font même en se prosternant… L’apaisement de l’esprit, la méditation est là. La tradition bouddhiste veut qu’elle se fasse dans le sens des aiguilles d’une montre et la paix est trouvée au bout de 108 fois.
Le Namgyal Temple est le temple du Palais de sa Sainteté le XIVème Dalaï Lama ; McLeod Ganj, Dharamsala, Himachal Pradesh, Inde.
Categories: Inde 2010
Tags: kora, mala, mantra, mcleod ganj, namgyal temple, tibet, tibetain
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